Dès qu’on lui a dit «cancer», Janelle* a pris conscience de sa mortalité. A presque 40 ans, elle réside dans la vallée, est mariée, a 3 enfants, et apprend du jour au lendemain, après un examen gynécologique de routine, qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. C’est d’abord le choc, pas facile de réaliser. La mastectomie, l’ablation du sein, lui rappellera chaque jour et de manière très concrète, sous la douche, que oui, elle est bien malade. Après huit mois où elle subit ce qu’elle nomme «la totale», soit opération, chimiothérapie et rayons, Janelle est déclarée en rémission: «Moi je me considère comme guérie, car j’ai aujourd’hui les mêmes chances de mourir que tout le monde. Dès qu’on commence de réaliser notre chance d’être en vie, c’est le début de la guérison», estime la dynamique quadragénaire.
Comme des rides
Si aujourd’hui elle a la pêche, il en a été autrement à l’annonce de la fin de sa maladie: «Le cancer ne se voit plus; les gens s’attendent alors à ce qu’on reprenne la vie d’avant, sauf qu’on est bien différent… Le cancer nous met hors circuit et il faudrait, dès la fin des traitements, retrouver son univers
et reprendre le fil? Mais il n’y plus les mêmes a connexions, et c’est le bug!» Le bug pour Janelle, c’est la dépression. Elle choisit alors de changer de job, et de ne plus accepter ce qu’elle acceptait avant. «Je n’ai plus une minute à perdre», estime-t-elle.
Aujourd’hui, huit mois après le diagnostic, Janelle porte sur son corps les stigmates de la maladie. Un sein en moins, un bras amoché, et des médicaments provoquant des effets secondaires. Mais elle assume ces marques, qui font partie de son vécu, «au même titre que les rides». «C’est très personnel, mais finalement, mon cancer est la meilleure chose qui me soit arrivée. Certes, physiquement j’étais mieux avant, mais pas mentalement…», conclut Janelle, qui a depuis changé de job et de philosophie de vie.
*Prénom d’emprunt